Un grand frisson pour l'homme, un petit ministre pour l'Humanité.

Publié le par Spacky

Faudrait pas qu’il soit obligé de retourner à la vie civile, car il aurait certainement des difficultés à exercer son métier d’avocat, le Sieur de Nagy Bocsa, après avoir insulté les magistrats en tentant de leur céder sa responsabilité dans la hausse de la délinquance. Car si le Sinistre Détail tire sur tous ceux qui font autre chose qu’à réprimer le pauvre monde, ce n’est pas tant par vice que par souci de faire oublier que le soi-disant champion de la sécurité est avant tout l’artisan de la disparition de la Police. En effet, le président du parti umpique a certes instauré la culture de résultat dans la force publique, mais il s’agissait davantage d’inaugurer le libéralisme dans le domaine public que de donner aux fonctionnaires les moyens d’exercer leur métier. Petite devinette : que se passe-t-il quand de la main qui tient le fouet on exige plus de production de ses travailleurs (fussent-ils travailleurs de la Loi et de la sécurité) et que de celle qui se resserre sur les cordons de la bourse, on diminue les effectifs ? Réponse : l’hôtel de police devient une usine où on travaille dans une sale ambiance. Certains croient encore qu’il suffit de mettre des bracelets aux poignets d’un jeune en survêtement pour qu’il soit coupable de quelque chose. Heureusement ou malheureusement, pour être jugé coupable, il faut des preuves, lesquelles preuves exigent toujours autant de travail pour être manifestées, et pour aller en prison, outre qu’il s’agisse d’une école de la délinquance dont certains pensionnaires en ressortent accoutumés, voir dépendants, encore faudrait-il y trouver de la place. En fait, Monsieur Moins se comporte comme n’importe quel irresponsable, agissant par idéologie aveugle, se gargarisant de son « action » et de son « courage » dont il serait bien incapable d’expliquer la logique, démantelant l’administration qu’on lui a confiée (depuis 2002, on a jamais vu autant de bavures, de ripoux et autres brutalités… cherchez l’erreur) et accusant son voisin, « c’est la faute des autres », quand il est pris sur le fait.

Avant lui, on se moquait des flics. C’était pas très intelligent, mais ça faisait partie du folklore, comme de ronchonner pendant une grève SNCF ou d’envier les profs. Maintenant, on a peur des flics. Tandis que leur travail devient un calvaire, on les montre à la télé la matraque à la main, en train d’insulter des jeunes ou d’expulser des pauvres. Tout cela pour nourrir la campagne officielle du grand, du beau, du héros. Si c’est là son programme, se servir du portefeuille qu’on lui a confié pour fabriquer une gloire artificielle tout en détruisant l’institution et en mettant en péril la société, je comprendrais que certains songent sérieusement à voter gros blond. Ce dernier est encore un peu plus subtil (du moins a-t-il l’avantage de n’avoir jamais eu l’occasion de profiter du système, une chance…). Plus je vois approcher la catastrophe, plus je suis heureux d’avoir un métier largement ouvert sur l’international. Je pourrais m’exiler aisément, volant le pain des travailleurs de pays éloignés, pour échapper à cette barbarie. Je devrais peut-être aussi passer aux actes, faire quelque chose pour mon pays et les gens qui y vivent. Je vais peut-être adhérer à l’UMP (avec mon succès habituel dans les scrutins, vaudrait mieux pas que je fasse campagne contre lui) et saouler le quidam avec mes tongs de looser jusqu’à ce qu’ils soient bien dégoûtés de la petite Laitue (cf D. Buzzati). Pour finir, la cohérence de l’ensemble ne m’a pas échappé. Le modèle américain des rêves présidentiels de l’échantillon néo-libéral est donc celui des arrestations mystères, des extractions extrajudiciaires par avion banalisé vers des pays où il fait bon torturer en chantant, du droit de mettre sur écoute son bon peuple, et de nommer les hauts magistrats en piochant dans son album de photos personnelles et familiales. Autre devinette, justement : pourquoi nous parle-t-on d’un accroissement de la menace terroriste sur la France (sachant que le pays qui a connu le plus grand nombre de victimes du terrorisme dans le monde c’est.. l’Algérie) ? Aurait-ce un lien avec le « modèle américain » de suspension des droits civiques pour motif de « guerre » contre le terrorisme (« terrorisme », un des chefs d’inculpation favoris des tribunaux nazis) ? À quand les quotas d’incarcération fixés par le gouvernement pour les tribunaux ?

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L
Bravo pour cet article bien plus percutant que les editos fadasses du Monde et autre Libération. Pour ajouter de l'eau à ton moulin je te conseille, si ce n'est déjà fait, de jeter un coup d'oeil au Canard Enchainé du 27/09 : "Connards", "Cretins" : Sarkozy parle aux commissaires du 9-3. C'est édifiant. A quel moment les Français  -"ses seuls juges"- vont-ils se rendre compte que ce mec est un fou dangereux ??? Ou alors vit-on vraiment dans un pays de fachos ("Nicolas, nous voilà, devant toi le sauveur de la France...") Brrrr, je n'ose y croire... A bientôt, keep on blogging, Laurent
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J
Oh oui Spacky, adhérons à l'UMP, on verra combien d'heures on tiendra..<br /> Je sais pas si t'avais lu çà aussi, il avait fait un discours ventant la jeunesse, et plusieurs générations, sauf celle de 68, qu'il a accablée : pas parce que les étudiants qui avaient lançé des pavés à l'époque sont pour beaucoup des cadres bien rangés dans leurs pantoufles; non, les jeunes de 68 sont accusés d'avoir "renversé les vraies valeurs" : youpi pour un retour à la morale de la France des années 50-60...j'en trépigne déjà d'impatience
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