Li Chameau.
Les gens font tous la même erreur, ils confondent le chameau et le dromadaire. Pourtant c’est facile. Dans « chameau » il y a « eau », tandis que dans Fanfan, il n’y a jamais d’eau. Il n’en boit jamais, il est allergique. Fanfan est donc un dromadaire. À l’image de son animal totem, Fanfan est un travailleur infatigable (du bar), il accomplit sa tâche avec un calme et une obstination imperturbables. Quand il a bien œuvré au maintien du cours des actions Kronenbourg et Ricard SA, on charge sur son dos les bêtes blessées et malades, les gros tas vaincus, qu’il ramène alors docilement chez eux, les couchant et les bordant comme des petits enfants. Car Fanfan a un grand cœur, en plus de son énorme bosse. Oui, son énorme bosse, qui ne se trouve pas dans son dos à lui, mais pourrait bien se retrouver dans le votre. Car le dromadaire est aussi une monture de course, et il attrape tout ce qui passe à sa portée.
Fanfan a d’abord commencé sa carrière comme étudiant en pharmacie. Une vague question d’œdipe ou je ne sais quoi. Lors de son intégration, il devait apporter à l’H2S (prononcer « Aaaahh, dzwaï èsse ») trois choses de son choix dont le nom commence par la lettre p. Il rapporta un objet dont le nom m’a échappé, une pile, et une péripatéticienne. Le ton était donné. Plus doué à s’administrer les breuvages qu’à les étudier, il devient, aussi rapidement que possible, étudiant en droit. Das Recht. Contrairement aux pharmaciens, les juristes ont deux passions. La première, la même, étant certes la boisson, le seconde est l’art de l’échange physique et intellectuel tel qu’il se pratiquait dans les maisons bourgeoises de la Grèce Antique (cf. Phèdre de Platon). Sa culture africaine (voyez ses cheveux) limitant sa faculté d’adaptation aux rites paléo-héllenes, il préfère se rapprocher de CHO-7, l’homme venu de l’Est.
La bande des casseurs de portes ouvertes est ainsi complète, et nous pouvons écumer les lieux de débauche et d’imbibition, en quête de lendemains qui chantent faux, aux pieds des réverbères, sous les pluies de pots de chambres dans les rues mal fréquentées (par nous) de Strasbourg. Dans notre équipe, les rôles sont bien distribués, afin d’optimiser les résultats. Pour la boisson, moi je dis non, CHO-7 dis « vas-y c’est ma tournée », et Fanfan fini la bouteille. Pour les femmes, moi je regarde, CHO-7 attaque sérieusement, et Fanfan fait la partie technique du boulot.
Fanfan est aussi et avant tout un type bien. Doué d’une grande générosité, et derrière ses facéties de méditerranéen, il est pourvu d’une immense modestie, qu’il ne m’appartient pas de démontrer ici, auquel cas je prendrais le risque de la mettre à mal. Je suis très heureux d’être son parrain, et même son ami. Il prend sa place dans ces moments de bonheurs que je dois aux autres, et qui me réconfortent dans les temps difficiles.
Je conclurai sur cette seule parole, destinée à toi, Fanfan : « Sec !!! »