Les Lapins Superstars contre l'Ordre Nul
Qu’y a-t-il de pire, dans le domaine des nuisances sonores quotidiennes infligées aux riverains de quartiers de centre-ville, que les bal des abrutis motorisés qui se chantent des insultes mutuelles par usage intempestif de l’avertisseur sonore ? Réponse : les orchestres des rue le samedi après-midi. Cette opinion que je ne partage pas est pourtant celle de certains habitants et des autorités municipales dont la grandeur d’esprit était ce jour-là occupée à d’autres travaux.
Par cette agréable après-midi, donc, je rencontre une fanfare délirante, de jeunes fous aux oreilles de lapin roses. La bande délire sa fantaisie syncopée dans une joie communicative. Un public hétéroclite se masse rapidement autour de la bande et affiche un sourire uni dans la diversité sociale. Les petits enfants dansent avec les lapins accroupis sous le regard bienveillant de parents satisfaits.
Malheur cependant à ces jeunes fous qui ont eu l’outrecuidance de passer leur temps de travail à répéter des morceaux de musiques trop libres pour les chastes oreilles du voisin frustré qui fit appel à la force municipale pour chasser le tapage. Ces mêmes citoyens bon teint qui passent leurs matinées avachis sur la commande du klaxon dans un élan de mépris de mes oreilles à moi, se sont fait un devoir de m’empêcher de trouver de la joie au coin de la rue. Strasbourg ville morose, telle est donc la devise d’une municipalité qui donne davantage de moyens à sa police pour lutter contre la musique que contre le désordre.
Aussi, au prochain notable qui me parlera de la valeur du travail, je lui ferai manger les partitions de la septième symphonie pour moteur diesel de Karl Dugland, en lui chantant l’Internationale ou pas.
Par cette agréable après-midi, donc, je rencontre une fanfare délirante, de jeunes fous aux oreilles de lapin roses. La bande délire sa fantaisie syncopée dans une joie communicative. Un public hétéroclite se masse rapidement autour de la bande et affiche un sourire uni dans la diversité sociale. Les petits enfants dansent avec les lapins accroupis sous le regard bienveillant de parents satisfaits.
Malheur cependant à ces jeunes fous qui ont eu l’outrecuidance de passer leur temps de travail à répéter des morceaux de musiques trop libres pour les chastes oreilles du voisin frustré qui fit appel à la force municipale pour chasser le tapage. Ces mêmes citoyens bon teint qui passent leurs matinées avachis sur la commande du klaxon dans un élan de mépris de mes oreilles à moi, se sont fait un devoir de m’empêcher de trouver de la joie au coin de la rue. Strasbourg ville morose, telle est donc la devise d’une municipalité qui donne davantage de moyens à sa police pour lutter contre la musique que contre le désordre.
Aussi, au prochain notable qui me parlera de la valeur du travail, je lui ferai manger les partitions de la septième symphonie pour moteur diesel de Karl Dugland, en lui chantant l’Internationale ou pas.
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