De l'érotisme à la lumière
Au début, un peu parce que j'y avais pensé un peu trop légèrement, je m'étais dis que je parlerai aussi sur ce blog des choses, des gens, qui me font vibrer. Malheureusement, en me mettant à l'exercice, je m'aperçois que rien ne vient. Sans doute le climat y est pour quelque chose, ou l'inaptitude de nos politiques à faire de la politique, le festival de crimes de guerre qui se tient de façon illimitée en ce moment sur les bords de la Méditerranée, ou même les accès d'allophobie qui entachent Paris Plage comme des coups de soleil sur des peaux indolentes. Autant de bonnes raisons de faire la gueule une bonne fois, de bonne foi.
Heureusement qu’il y a les amis. Les amis, ce sont ces gens qui aux temps les plus noirs sont capable d’ajouter du soleil, et parmi les amis de mes amies, un photographe de nu. Pierre Joël pratique la photographie artistique et la propose à ses modèles amateurs tel un adjuvant thérapeutique. En effet, au travers de sa démarche artistique, les femmes qui s’expriment sous son objectif se réapproprient leur image, leur personnalité, qui leur a parfois été volée dans le passé.
Je comprends d’autant mieux les préjugés qui peuvent vous assaillir devant le concept d’érotisme thérapeutique, tout l’arsenal sécuritaire de nos petites psychologies qui tend à nous protéger d’une sexualité ressentie comme une agression, que je les ai eus moi-même. Le studio photographique, lieu d’ombres et de lumières, à la merci d’un homme masqué derrière son objectif, est si éloigné de l’image blanche et médicale de la salle de consultation à la papa. D’ailleurs Pierre Joël ne consulte pas, il prend des photos, des traces de notre passage, des preuves, qu’il va travailler, trafiquer, truquer, sur ordinateur. Extrait du site de Pierre Joël.
Son travail est sérieux, joyeux et beau. Côté, publié, commenté, admiré, pourtant c’est quelqu’un d’accessible qui boit des bières avec les étudiants. Ayant survolé son œuvre et posé moi-même, pour Pierre Joël, à l’occasion d’un calendrier Faluchard, je vous témoigne ici de sa sensibilité, de sa créativité et de son accueil. Voilà pourquoi j’ai eu envie de parler de lui ici et aujourd’hui, lui qui justement nous aide à retourner vers la lumière, tout en ménageant notre plaisir, ce qui n’est pas rien.

