Monsieur V

Publié le par Spacky

Mon meilleur ami. Le casier est bien chargé. Quand nous étions adolescents, nous étions constamment en train de nous copier mutuellement. Une espèce de manie. Yann n’hésitait jamais à pirater mes meilleurs idées vestimentaires, musicales, littéraires, etc.… Alors, en signe d’amitié pour lui, je me décidais à imiter l’une ou l’autre de ses fantaisies. Si, si, c’est bien dans ce sens que cela se passait, hum…

 

 

 

Yann est le brillant élève, l’homme à abattre. Meilleures notes en tout, plus fort potentiel auprès des femmes, et pire que tout, sens critique. La liste des ennemis, serviles thuriféraires fourbissant de lâches poignards, était longue. Curieusement, bien qu’étant parfaitement intégré à la médiocrité amoureuse, à l’indigence scolaire et à la fatuité générale, mes ennemis à moi n’étaient pas moins nombreux. Un don de mon ami, qui sans doute ne supportait pas de ne point partager. Il a su défier les valeurs modernes de l’éducation républicaine en s’orientant ers un bacc L malgré un fort bon niveau général.

 

 

 

Notre amitié a connu bien des galères. La plus mythique fut ce mois passé dans une Université pour Etrangers de Calabre. Nous vécûmes un mois dans un appartement façon l’Auberge Espagnole mais en moins sexy. Sous une chaleur écrasante, nous faisions du bar-stop pour atteindre le « centre ville », une rue commerçante dont tous les cinémas étaient fermés. Durant ce voyage, je n’ai réussi qu’à perdre successivement mes billets de train (vingt-quatre heures de trajet en train… et à cinq heures de la fin, le contrôleur vous dit : « la voiture où vous êtes arrive avec deux heures de retard à Reggio, le milieu du train n’y arrive jamais, il vous faudra aller à l’avant du train pour espérer être à l’heure à votre rendez-vous »), tout mon argent et les clefs de l’appartement.

 

 

 

Nous avions aussi fait la connaissance de Giuseppe, pas du tout un mec bizarre, qui parle de trois sujets constants : le procès de son père (tous des salauds, un complot, tout ça), la philosophie de Nietzsche en trois lignes « les autres sont en-dessous et derrière moi »), les femmes (qui sont à sa botte mais quand il prend un gadin c’est de toutes façon qu’une salope).

 

 

 

Puis il y eu la galère rigolote : à Paris avec Sacha. Imaginez dans un même véhicule un stressé professionnel, un rêveur de compétition et un distrait compulsif. Le véhicule aussi : une Renault 9 millésime 1983 (nous sommes alors en 1997), de collection. Une semaine en Formule 1 (la voiture aussi), on s’est presque pas tapé dessus (cette fois-ci).

 

 

 

Puis il y eu les filles aussi. Quand on est aussi pote que ça, il faut bien trouver des solutions. Alors en classe de première, on est sortis avec deux copines, comme ça nous évitions de trop nous poser de question sur le planning ami-petite copine. Même qu’on ne se posait plus trop de question sur le planning copines-cours. Des scènes d’anthologie ont eu lieu devant des camarades incrédules.

 

 

 

Puis il y eu la fac. Cet enfoiré de Monsieur V s’est mis à bosser la tête dans le guidon, voir même à l’étranger. Bien lui en a pris, car aujourd’hui il peut aborder la vie active, la vie de couple, et combien de gens invitons-nous ce soir ?

 

 

 

Heureux soit-il et qu’il se méfie des chinois du FBI qui ne font rien qu’à essayer de faire croire qu’il fait des bêtises…

 

 

 

Et tous mes vœux à la future Madame V ;- )

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