L'Ordre du Chaos
Je sors à l'instant du cinéma L'Odyssée, où mon ami Lionel m'invitait à voir Kigali, des images contre un massacre de Jean-Christophe Klotz. Ce documentaire retrace de façon violement naturelle, sans maquillage ni faux-semblant, l'horreur que nous, humains, avons laissé se dérouler au Rwanda en 1994. Il ne s'agit pas d'un témoignage à charge contre les auteurs physiques, ni d'un inventaire morbide ou d'une comptabilité du Mal. Le but de ce film semble être de nous montrer à quel point une poignée d'hommes, une ridicule poignée d'homme dans toute l'humanité, ont mené un combat désespéré contre l'indifférence, l'oubli coupable et meurtrier, de nos nations, de notre France, notre crime. De tous les appels du French Doctor pour une intervention extérieure, de toutes les images tournées par les rares journalistes présents, aucun appel au secours n'a été honnoré.
Ce film relate la crise de consience de celui qui, confronté au Mal dans toute son impossibilité résolue, éprouve sa foi, ses convictions, là où elles semblent perdre toute force, mais où elles sont aussi l'ultime rempart contre l'animal, le chaos.
La machine infernale n'a pas découragé les protagonistes, qui risquèrent leurs vies sans espoir autre que celui d'en sauver au moins une, mais les a menés à la désillusion. Y croire encore, alors que la froide indifférence des contemporains foule les cadavres fumants d'enfants abbatus par leurs camarades d'école, que le gouvernement criminel organise le bal des corbillards, y croire.
Ce film impose à son spectateur un respect de funérarium, comparable au silence judiciaire qui émane d'un camp de la mort.
En quittant le cinéma, Lionel me fit la remarque que nous n'étions qu'une demi-douzaine dans la salle. C'est peut-être cela la véritable morale de ce film.
Un interview de Jean-Christophe Klotz.
Ce film relate la crise de consience de celui qui, confronté au Mal dans toute son impossibilité résolue, éprouve sa foi, ses convictions, là où elles semblent perdre toute force, mais où elles sont aussi l'ultime rempart contre l'animal, le chaos.
La machine infernale n'a pas découragé les protagonistes, qui risquèrent leurs vies sans espoir autre que celui d'en sauver au moins une, mais les a menés à la désillusion. Y croire encore, alors que la froide indifférence des contemporains foule les cadavres fumants d'enfants abbatus par leurs camarades d'école, que le gouvernement criminel organise le bal des corbillards, y croire.
Ce film impose à son spectateur un respect de funérarium, comparable au silence judiciaire qui émane d'un camp de la mort.
En quittant le cinéma, Lionel me fit la remarque que nous n'étions qu'une demi-douzaine dans la salle. C'est peut-être cela la véritable morale de ce film.
Un interview de Jean-Christophe Klotz.
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