Tant de choses à dire, autant de raisons de les taire.
À toi dont le charme innocent subjugue mon esprit depuis tant de mois déjà, et qui se plaint de connaître les vicissitudes de cette vie normale à laquelle j’aspire sans espoir. Te dire que dans tes sentiments ordinaires vit un péché d’hypocrisie que j’abhorre, et qui devrait me faire sentir meilleur que toi, alors que je ressens l’inverse.
À toi qui as la tristesse de t’enorgueillir de vivre la vie d’un autre homme, n’hésitant devant aucune bassesse pour lui ravir les fruits d’un travail honnête, jusqu’à blesser l’arbre qui les porte. Te dire qu’en vérité, à force d’humiliations et de blessures, je me rabaisse à t’envier.
À toi qui crois mener un combat chevaleresque jusqu’au bout du cadavre de ta pensée morte née, et qui te construit des illusions de grand soir où brûlerons dans le même bûcher les bourgeois, les livres et les hérétiques à la déesse Raison. Te dire que tu vaux encore, malgré le crime qui dort en toi, mieux que tes adversaires les plus vils.
À toi qui règnes sur les inconsciences et qui n’as de ceux que tu dirige que le souvenir d’une jeunesse défunte depuis avant ma naissance, toi qui organise sur moi et les miens un mépris qui est la forme la plus élevée d’argumentation dont tu sois capable. Te dire, qu’en dépit de la vacuité de ton existence, honnêtement tu as réussi à m’atteindre alors que je ne devrais même pas avoir pris connaissance de tes gargarismes.
À toi à qui je dois tout et qui pourtant ne fais rien pour moi, ce moi qui t’appelles et supplies en silence d’avoir accès à ce dont tu n’as jamais eu conscience qu’on pût être privé. Te dire à quel point l’amour et la haine entre nous jouent pour moi une danse mystérieuse et frénétique.
À toi qui sur mon épaule étale tes pleurs comme d’autres étales leurs prières à un Dieu auquel ils refusent pourtant de prêter un centième de l’oreille qu’ils lui réclament, toi qui te plains de ta petite misère ordinaire, faites de déceptions bien maigres douanes pour tant de plaisirs pour lesquels je n’ai que des fantasmes. Te dire qu’à ta cécité s’ajoute l’indolence cruelle de ne voir en moi qu’un crachoir alors que je suis le meilleur rempart contre les maux qui t’assaillent, mais que tu mérites.
À toi qui viens me donner tes connaissances chaque jour et qui ne voit en moi qu’un intrus dans ton métier, moi qui ne témoigne guère de reconnaissance qu’à ceux qui me tourmentent. Te dire que sans toi j’aurais cessé depuis longtemps la farce stupide de croire en quelque chose.
À toi, enfin, qui que tu sois, qui me prête une oreille insouciante ou accueillante, dont je méprise à tort le prix pour déverser mon fiel, te dire qu’au fond de moi lutte encore un reste d’âme qui voudrait refuser à ma douleur l’alternative de la haine.
À toi qui as la tristesse de t’enorgueillir de vivre la vie d’un autre homme, n’hésitant devant aucune bassesse pour lui ravir les fruits d’un travail honnête, jusqu’à blesser l’arbre qui les porte. Te dire qu’en vérité, à force d’humiliations et de blessures, je me rabaisse à t’envier.
À toi qui crois mener un combat chevaleresque jusqu’au bout du cadavre de ta pensée morte née, et qui te construit des illusions de grand soir où brûlerons dans le même bûcher les bourgeois, les livres et les hérétiques à la déesse Raison. Te dire que tu vaux encore, malgré le crime qui dort en toi, mieux que tes adversaires les plus vils.
À toi qui règnes sur les inconsciences et qui n’as de ceux que tu dirige que le souvenir d’une jeunesse défunte depuis avant ma naissance, toi qui organise sur moi et les miens un mépris qui est la forme la plus élevée d’argumentation dont tu sois capable. Te dire, qu’en dépit de la vacuité de ton existence, honnêtement tu as réussi à m’atteindre alors que je ne devrais même pas avoir pris connaissance de tes gargarismes.
À toi à qui je dois tout et qui pourtant ne fais rien pour moi, ce moi qui t’appelles et supplies en silence d’avoir accès à ce dont tu n’as jamais eu conscience qu’on pût être privé. Te dire à quel point l’amour et la haine entre nous jouent pour moi une danse mystérieuse et frénétique.
À toi qui sur mon épaule étale tes pleurs comme d’autres étales leurs prières à un Dieu auquel ils refusent pourtant de prêter un centième de l’oreille qu’ils lui réclament, toi qui te plains de ta petite misère ordinaire, faites de déceptions bien maigres douanes pour tant de plaisirs pour lesquels je n’ai que des fantasmes. Te dire qu’à ta cécité s’ajoute l’indolence cruelle de ne voir en moi qu’un crachoir alors que je suis le meilleur rempart contre les maux qui t’assaillent, mais que tu mérites.
À toi qui viens me donner tes connaissances chaque jour et qui ne voit en moi qu’un intrus dans ton métier, moi qui ne témoigne guère de reconnaissance qu’à ceux qui me tourmentent. Te dire que sans toi j’aurais cessé depuis longtemps la farce stupide de croire en quelque chose.
À toi, enfin, qui que tu sois, qui me prête une oreille insouciante ou accueillante, dont je méprise à tort le prix pour déverser mon fiel, te dire qu’au fond de moi lutte encore un reste d’âme qui voudrait refuser à ma douleur l’alternative de la haine.
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