Simple, trop simple.
Écrire un article empli d’acide à l’encontre des camelots insipides qui prétendent faire commerce de leur engagement politique pour mieux nous refourguer leur laudanum volubile, c’est facile. Mettre des mots sur les plus belles images que mon âme recèle comme on collectionne les emballages vides destinés à la poubelle mais qui deviennent des souvenirs peuplés des traces de plaisirs, c’est encore facile. Donner au vague sentiment qui me tourmente la dimension d’une parole qui dessine un univers tangible dans lequel mon cœur lutte pour trouver sa place, c’est toujours facile. Simplement dire des mots aussi essentiels et naturels que ceux qui décrivent mes sentiments, voilà qui m’est difficile. Quand au moment crucial, l’instant auquel est dédié toute l’énergie d’un sang brûlant, la source chantante se tarit et que le silence commotionne l’esprit, une détresse muette s’empare de moi. Pourquoi manquer de partager, d’offrir son sentiment à la personne qui occupe mes pensées ?
Courant à la ruine d’une existence tendue vers l’autre, et qui ne parvient pas à toucher de sa main la peau de l’être désiré. Quelle espèce de stérilité me séquestre dans un univers social fait d’impuissance et d’aporie ? Quel destin futur ou passé me fait payer le prix d’une immobilité écrasante ? Quelles chaînes me font demeurer dans l’inutilité triste d’un corps vibrant qui ne sait pas interagir ? Le goût, immodéré, l’addiction, de la pensée logique, du lien causal, du sens, du verbiage bien souvent, de l’étalage de palabres dans un monde qui voudrait rester normal, de toute une construction superficielle en vérité qui aggrave la fatuité et la vacuité qu’elle est sensée masquer, voilà ce qu’est mon mal. « Le goût des choses simple » doit-il avoir forcément la saveur fade et salée d’une saucisse chimique élaborée à partir des déchets de porcs débiles élevés dans des camps d’agriculture industrielle ? Me réconcilier avec une nature vivante que la logorrhée n’aura pas désherbé avec l’efficacité d’un agent orange. Ce qui n’a que le contour d’un quotidien banal et sans gloire pour bien des heureux ignorants revêt pour moi le profil escarpé d’une montagne menaçante que seule l’inconscience fait espérer d’atteindre le sommet.
Encore et toujours des mots, comme s’ils cherchaient à se disculper de leur lâcheté en caracolant sur des terres où ils sont pourtant inutiles. Je ne vibre pourtant que d’un désir de tendresse partagée, de sensualité et de sincérité. D’où me viennent ces circonvolutions qui m’embrument ? Pourrais-tu les dissiper ? Viens à mon secours, tends-moi cette main vers laquelle je saurai me lancer tout entier, que je saurai tenir et aimer. Là, j’avoue ma faiblesse et consent à requérir ton aide. Car si ce n’est par toi, toi qui m’attires, toi qui es si belle, toi qui me sembles si proche, toi dont le parfum perce la croûte qui embaume mes sens, si ce n’est par toi que je sortirai de mon abîme, qui serai-je quand enfin le soleil se révèlera à mes yeux ?
Courant à la ruine d’une existence tendue vers l’autre, et qui ne parvient pas à toucher de sa main la peau de l’être désiré. Quelle espèce de stérilité me séquestre dans un univers social fait d’impuissance et d’aporie ? Quel destin futur ou passé me fait payer le prix d’une immobilité écrasante ? Quelles chaînes me font demeurer dans l’inutilité triste d’un corps vibrant qui ne sait pas interagir ? Le goût, immodéré, l’addiction, de la pensée logique, du lien causal, du sens, du verbiage bien souvent, de l’étalage de palabres dans un monde qui voudrait rester normal, de toute une construction superficielle en vérité qui aggrave la fatuité et la vacuité qu’elle est sensée masquer, voilà ce qu’est mon mal. « Le goût des choses simple » doit-il avoir forcément la saveur fade et salée d’une saucisse chimique élaborée à partir des déchets de porcs débiles élevés dans des camps d’agriculture industrielle ? Me réconcilier avec une nature vivante que la logorrhée n’aura pas désherbé avec l’efficacité d’un agent orange. Ce qui n’a que le contour d’un quotidien banal et sans gloire pour bien des heureux ignorants revêt pour moi le profil escarpé d’une montagne menaçante que seule l’inconscience fait espérer d’atteindre le sommet.
Encore et toujours des mots, comme s’ils cherchaient à se disculper de leur lâcheté en caracolant sur des terres où ils sont pourtant inutiles. Je ne vibre pourtant que d’un désir de tendresse partagée, de sensualité et de sincérité. D’où me viennent ces circonvolutions qui m’embrument ? Pourrais-tu les dissiper ? Viens à mon secours, tends-moi cette main vers laquelle je saurai me lancer tout entier, que je saurai tenir et aimer. Là, j’avoue ma faiblesse et consent à requérir ton aide. Car si ce n’est par toi, toi qui m’attires, toi qui es si belle, toi qui me sembles si proche, toi dont le parfum perce la croûte qui embaume mes sens, si ce n’est par toi que je sortirai de mon abîme, qui serai-je quand enfin le soleil se révèlera à mes yeux ?
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