Faites des Lumières.

Publié le par Spacky

Quand j’étais petit garçon, très souvent je me faisais mal. J’étais très maladroit, j’étais dangereux. Soit. Quand la douleur physique s’emparait de mon corps, ou que les pleurs avaient une origine plus psychologique, que le monde se dérobait sous mes pieds, j’avais toujours ma mère pour venir sécher mes larmes. D’un geste magique elle réparait le bobo, chassait les peurs et emportait avec elle les maux qui m’agressaient. Je ne comprenais rien à ce qui m’entourait et je m’en fichais. Maman s’occupait de moi, et je voyais que cela était bon.

Aujourd’hui, cela n’est plus possible. Quand je bute sur une difficulté, que quelqu’un me fait de la peine, ou que je ne parviens pas à réaliser ce pourquoi je travaille, rien ne vient me secourir. Il n’y a pas de main rassurante aux vertus surnaturelles qui vienne me rattraper, me soutenir. C’est cela être adulte. Confronté à des choses qui me dépassent, je suis bien obligé de les atteindre, ou de les subir.

Il peut être particulièrement délicat, parfois, d’avoir des larmes à essuyer, des douleurs à chasser, chez soi, chez l’ami, au prochain, quand on sort d’une époque où ce service était offert, gratuit. Comprendre un univers entièrement nouveau, adopter un point de vue inédit à ses yeux, prendre le risque de se tromper, ou de ne rien faire. Être affecté par la peine de son voisin, et ne pas savoir quoi faire, ne pas vouloir, ne pas pouvoir. Être soi-même menacé par l’erreur de l’autre, et ne pas savoir comment s’en protéger, comment protéger l’autre.

Il n’y a pas d’école pour apprendre cela. Il y a un apprentissage, celui de l’échec, et il y a un précepteur, le cœur. Le cœur adopte cependant un bien curieux langage, tantôt muet, tantôt mystérieux, tantôt impétueux, il semble bien rarement sage, et pourtant il n’est meilleur conseiller que lui.

Il faut, dans la tourmente, savoir fermer les écoutilles, et écouter battre son cœur, se retrouver, soi-même, son meilleur ami, et laisser remonter la sève d’un volonté de vivre, pour pouvoir s’en nourrir et affronter l’obstacle. Il faut se concentrer sur l’enjeu : l’amitié, l’équilibre, le projet, le désir, pour vaincre le mal. Tout ce qui rend les choses effrayantes, douloureuses, improbables.

À ceux qui peuvent se croire intéressés par ce message, je souhaite leur offrir un court supplément d’Aristote :

« Mais il paraît bien que l’amitié, consiste plutôt à aimer qu’à être aimé. Ce qui le montre bien, c’est la joie que les mères ressentent à aimer leurs enfants. Certaines les mettent en nourrice, et elles les aiment en sachant qu’ils sont leurs enfants, mais ne cherchent pas à être aimées en retour, si les deux choses à la fois ne sont pas possibles, mais il leur paraît suffisant de les voir prospérer ; et elles-mêmes aiment leurs enfants même si ces derniers ne leur rendent rien ‘de qui est dû à une mère, à cause de l’ignorance où ils se trouvent. »
Aristote, Éthique à Nicomaque, VIII – 9, (Traduction J. Tricot)

Sachons tous profiter de ce temps de Lumière pour allumer de nouveaux feux, et chasser les ténèbres.

Joyeux Noël à tous.
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F
ta maman n'est pas toujours là maintenant que tu es grand, mais si tu demandes à tes amis, les vrais pas les cons, je suis sure qu'ils seront là pour toi!
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S
J'march' tout seul le long d'la lign' de ch'min d'fer Dans ma tête y a pas d'affair' J'donne des coups d'pied dans un' ptit' boîte en fer Dans ma tête y a rien à faire J'suis mal en campagn' et mal en vill' Peut-être un p'tit peu trop fragil' {Refrain:} Allô Maman bobo Maman comment tu m'as fait j'suis pas beau Allô Maman bobo Allô Maman bobo J'train'fumée, j'me r'trouv' avec mal au cœur J'ai vomi tout mon quatre heur' Fêt', nuits foll's, avec les gens qu'ont du bol Maint'nant qu'j'fais du music hall J'suis mal à la scène et mal en vill' Peut-être un p'tit peu trop fragil' {Refrain} Moi j'voulais les sorties d'port à la voil' La nuit barrer les étoil's Moi les ch'vaux, l'révolver et l'chapeau d'clown La bell' Peggy du saloon J'suis mal en homme dur Et mal en p'tit cœur Peut-être un p'tit peu trop rêveur {Refrain} J'march' tout seul le long d'la lign' de ch'min d'fer Dans ma tête y a pas d'affair' J'donne des coups d'pied dans un' ptit' boîte en fer Dans ma tête y a rien à faire J'suis mal en campagn' et mal en vill' Peut-être un p'tit peu trop fragil'
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S
<br /> <br /> <br /> <br /> Je te suis sur de nombreux points, Cédric. <br /> Oui il est difficile d’aborder sa douleur et celle des autres, nos cœurs ne sont pas de éponges que l’on finirait par presser pour les vider et recommencer. Et oui, le temps est venu de faire face seul à nos douleurs, et, plus dur, être seule face à la douleur des autres.<br /> <br />  <br /> <br /> Oui il est difficile d’aider quelqu’un à surmonter sa peine. En a-t-il envie ? En a-t-il besoin seulement ? Suis-je à la hauteur? Suis-je totalement désintéressé ? Et à vouloir sous de louables intentions l’aider, ne risqué-je pas, par maladresse, le blesser ? <br /> Parfois même, cela se révèle dangereux pour soi. On risque de trouver dans les soucis de son prochain de dangereux échos, des miroirs grossissants de nos propres faiblesses, de nos angoisses. Regarder Méduse dans les yeux vous pétrifie.<br /> C’est une épreuve d’aider ses proches, on ne peut jamais parfaitement les comprendre, notre aide est quelquefois plus une panacée, un geste cosmétique, qui nous rassure plus qu’il ne console. Mais parfois, parfois aussi, c’est le fil qui fait sortir du labyrinthe. Et pour ce cas sur mille, cela vaut le coup qu’on se plante.<br /> <br />  <br /> <br /> Mais le plus délicat est certainement de guérir ses propres blessures. Et là pardonne-moi mon ami, mais l’on est son meilleur ennemi. Parce que l’on se connaît bien, trop bien même. <br /> Et s’il faut partir au large, pour « se retrouver » comme tu le dis, laisser le cœur être moteur, et ne jamais prendre<br /> la barre. Seule<br /> ta raison sait quand l’échappée doit s’arrêter, et comment revenir. Elle seule sait analyser nos erreurs, pour ne pas les répéter. Le cœur, s’il a de bonnes motivations, a de bien mauvaises manières : si dix fois il a foncé dans le mur, il recommencera, persuadé qu’il arrivera à la traverser.<br /> <br />  <br /> <br /> C’est dans le subtil mélange de l’empathie et de l’expérience (le coeur et la raison en somme) que réside le salut, pour les autres et nous-mêmes. C’est de cette façon qu’on mûrit, mon ami<br /> <br />  <br /> <br /> Nous sommes grand, maintenant.<br /> <br />  <br />
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S
<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Je te suis sur de nombreux points, Cédric. <br /> Oui il est difficile d’aborder sa douleur et celle des autres, nos cœurs ne sont pas de éponges que l’on finirait par presser pour les vider et recommencer. Et oui, le temps est venu de faire face seul à nos douleurs, et, plus dur, être seule face à la douleur des autres.<br /> <br />  <br /> <br /> Oui il est difficile d’aider quelqu’un à surmonter sa peine. En a-t-il envie ? En a-t-il besoin seulement ? Suis-je à la hauteur? Suis-je totalement désintéressé ? Et à vouloir sous de louables intentions l’aider, ne risqué-je pas, par maladresse, le blesser ? <br /> Parfois même, cela se révèle dangereux pour soi. On risque de trouver dans les soucis de son prochain de dangereux échos, des miroirs grossissants de nos propres faiblesses, de nos angoisses. Regarder Méduse dans les yeux vous pétrifie.<br /> C’est une épreuve d’aider ses proches, on ne peut jamais parfaitement les comprendre, notre aide est quelquefois plus une panacée, un geste cosmétique, qui nous rassure plus qu’il ne console. Mais parfois, parfois aussi, c’est le fil qui fait sortir du labyrinthe. Et pour ce cas sur mille, cela vaut le coup qu’on se plante.<br /> <br />  <br /> <br /> Mais le plus délicat est certainement de guérir ses propres blessures. Et là pardonne-moi mon ami, mais l’on est son meilleur ennemi. Parce que l’on se connaît bien, trop bien même. <br /> Et s’il faut partir au large, pour « se retrouver » comme tu le dis, laisser le cœur être moteur, et ne jamais prendre<br /> la barre. Seule<br /> ta raison sait quand l’échappée doit s’arrêter, et comment revenir. Elle seule sait analyser nos erreurs, pour ne pas les répéter. Le cœur, s’il a de bonnes motivations, a de bien mauvaises manières : si dix fois il a foncé dans le mur, il recommencera, persuadé qu’il arrivera à la traverser.<br /> <br />  <br /> <br /> C’est dans le subtil mélange de l’empathie et de l’expérience (le coeur et la raison en somme) que réside le salut, pour les autres et nous-mêmes. C’est de cette façon qu’on mûrit, mon ami<br /> <br />  <br /> <br /> Nous sommes grand, maintenant.<br /> <br /> <br /> P.S. : Là tout de suite, j'ai par exemple beaucoup de peine et d'empathie pour notre ami Stef qui semble vraiment vraiment souffrir. A ce niveau là, je suggère les soins palliatifs, voire l'euthanasie (mode "humor" off ?)<br /> <br /> <br />  <br />
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S
vous pensez comme des êtres humains, vous etes faible !seul le regne animal est de vigueur dans ce bas monde.vous croyez être civilisé et pragmatique face à la douleur ?avez vous déja joué avec la mort au clair de lune ?JE PLAISANTE !!!!!!!!!!!!!!!!!!dsl
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