Julie

Publié le par Spacky

 

 

 

Ethno-Rock Girl, qui a quand même réussi à finir ses études dans une fac de philo, est elle aussi sociétaire honoraire du club international de la chance en amour, dont votre serviteur est membre aux côtés de Stéphane, Sacha, Chaussette, Lucas et tant d’autres génies incompris.

 

 

 

 

Pourtant, Julie ne se laisse pas impressionner, et plutôt que de céder à la facilité en adoptant par exemple une carrière professionnelle de secrétaire décolorée déshabillée, elle préfère le développement du cerveau en consacrant ses projets d’avenir à la coopération et à la solidarité. Un choix payant puisqu’elle quitte en septembre les contrées familières d’Alsace métropolitaine pour s’établir dans une colonie de Courbevoie (92), à proximité d’une importante réserve métropolitaine (de la tribu Defensis, ethnie Parisi), où souhaitons-le, elle pourra rencontrer beaucoup de gens, et pourquoi pas même des êtres humains. Certains craignent un sort funeste pour notre égérie à dreadlocks, sachant qu’en effet il paraîtrait, selon certaines sources, que le seigneur de guerre local mange des jeunes gauchistes à son petit déjeuner. Julie n’a pour autant pas choisi l’ethnologie pour s’arrêter à des présupposés aussi racistes, les aristocrates, elle le sait, il y en a des bien.

 

 

 

Julie s’impatiente car tout est mieux là-bas : elle peut prendre des cours de danse toute seule, elle peut faire ses courses toute seule, elle peut prier pour ses ancêtres toute seule, tant il est vrai que pour survivre à l’entassement, les Parisi ont réussi à développer une forme de solitude survivant à la multitude. Elle appréciera d’autant mieux les rares moments de retrouvaille avec les trop familiers amis et famille, trouvant dans cette parcimonie une formule d’exhaustion du plaisir.

 

 

 

Le plaisir parlons-en, alors que dans cette Europe essentiellement productiviste et déshumanisante, la politique du commun impose aux meilleures terres une injuste jachère. Peut-on encore avoir le cœur à entretenir le don de la nature, à en soigner l’apparence, à rechercher pour y-celle les meilleures semences, de celles qui promettent des lendemains qui poussent riant sous un soleil glorieux ? Peut-on entretenir un désir ardent de mettre la main à l’ouvrage, une aptitude à la joie spontanée et émouvante d’un arrosage fertilisant, quand on vous refuse tout accomplissement ? Il est des attentes plus pénibles, plus désespérantes que d’autres, à plus forte raison qu’on ne voit guère comment y remédier par soi-même. Comme lorsque le sort prétend descendre d’un caprice étranger à soi-même, quand on a le sentiment d’être puni.

 

 

 

L’auteur ignorant pour lui-même les réponses à ces tourment, est contraint de laisser tristement le lecteur dans son interrogation. En attendant, vous l’aurez compris, Julie acquiert mon admiration, et mes vœux l’accompagne tant dans l’exploration de la jungle sociale que dans le militantisme agricole. Je réfléchis d’ailleurs pour elle à une forme temporaire de diversification avicole (Aythya fuligula Duracella).

 

 

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
content que tu la trouve efficace, par contre et après relecture post transfert essaye de gômmer les fautes d'autographe, j'ai honte d'etre aussi dyslexique (mais j'aime cette excuse)ps : je pensais meme reprendre ta crispation et la rendre encore plus cinglante.
Répondre
J
t'exagères quand même, je suis pas si seule que çà à Paris!<br />  <br />  <br />  <br />  <br /> moins que toi en tout cas!!!
Répondre
J
Ta description me laisse sans voix, mais bizarrement je m'y reconnais! T'as raison, on parle jamais mieux d'amour 'enfin de manque d'amour) qu'en parlant d'agriculture!<br /> Dois-je comprendre que tu as apprécié ma description de toi?<br />  <br /> à +, poil aux sinus
Répondre
S
Ta description est non seulement appréciable, mais en plus agréable. Par contre, l'honnêteté me pousse à reconnaître en celle de Stéphane la plus efficace. Ses mots, sous leur apparence anodine, se révèlent aussi forts et précis que ses coups, et je le reconnais bien là. J’espère que Sacha prends des notes…