Nelly
Nelly, tout le monde sait qui c’est. La chargée Com’ masquée. Comme pour tout, elle fait partie des illustres joyaux de l’associatif strasbourgeois que le monde nous envie, même à Paris, mais sans le savoir bien sûr. En effet, la médiocrité est bien plus supportable en l’absence de ceux qui réussissent.
Femme généreuse de cœur et de corps, elle a su vaincre des obstacles qui font d’elle une réussite rare. Sensible, comme tous ceux qui ont l’âme proche du sens, elle exprime son intuition dans la photographie, et le calinage intensif de lapin, le mammifère mâle le plus intelligent qu’elle ait rencontré,- pour l’instant.
Strasbourg est pour elle un exil, tantôt salvateur, tantôt expiatoire. Si elle laisse en effet derrière elle un passé « jauni », sans regret, elle n’est pas convaincue d’avoir trouvé au pays des cigognes une civilisation beaucoup plus avancée. Reste que pour une poignée de privilégiés, Nelly est un don, un cadeau bien involontaire du sort par la main maladroite d’un sénéchal des Gaules. Elle a, en plus de son écoute et de sa gentillesse, la bonne idée de voir les choses avec réalisme. Non contente d’être la seule à avoir su mettre des mots sur ces ténèbres qui encerclent, elle s’excuse encore d’avoir pu donner ainsi une clé pour aller de l’avant.
Nelly, en vérité je te le dis, non seulement tu ne fais pas mal en donnant un nom à la souffrance qui ronge, mais en plus tu donnes un sentiment de grand bien-être en soulageant d’un doute insupportable. Dès lors, l’avenir semble plus clair, et le courage même semble se réveiller de sa torpeur.
Il y a aussi une nature sensible qui sert de socle à ces idées, et cette nature possède une beauté indéniable que ne réussissent pas à faire mentir les canons communs. Tout peut vibrer à l’unisson de cette musique chez qui a une âme aussi sensible et un goût aussi conscient.