Romu

Publié le par Spacky

Un super parrain.

 

 

 

Hier, alors que je n’avais pas eu de nouvelles depuis belle lurette, Romu m’a appelé. Romuald était étudiant au FEC, comme moi, de 1997 à 2000. Un grand type, au physique solide et à la gueule d’homme. A l’époque, Romu souffrait encore d’un strabisme saisissant et d’une vue nécessitant l’assistance d’épaisses tranches de verre. Mais Romu séduisait. Car Romu est un sauveur d’hommes. Un authentique. Son engagement dans les pompiers volontaires n’a pas d’âge, mais surtout, des quelques uns que je connaisse parmi les étudiants, c’est le seul à avoir toujours été au service des autres, de tous les autres, même au pire moment.

 

 

 

Romu, c’était la sécurité. Dans un Fec alors peu stable (cloisons hasardeuses, tableaux électriques mystiques, circulations caverneuses…), tout problème avait sa solution, en quatre lettres. J’adorais écouter ses histoires de pompier, ces tranches de vie où notre quotidien se relativise et où des questions plus essentielles affleurent. Il m’a aussi fait découvrir la Faluche, qui pour lui était nu peu plus qu’un vaste délire anarchiste. C’était un prolongement de l’esprit fécard d’écoute et de partage. Surtout de partage. Car Romu sait partager. A l’origine de beaucoup d’initiatives améliorant notre ordinaire, comme le club gastro du fec, le seul club officiel et interdit à la fois, il a connu la déception électorale face à une liste d’étudiants fédérés autour d’un concept plus trivial. Les gens n’aiment les héros que dans la souffrance. Il est des pays où on appelle pas les pompiers parce que quand les pompiers viennent, c’est grave. C’est arrivé au Fec, et ceux qui pouvaient regretter ce choix sont partis.

 

 

 

Aujourd’hui, après avoir maintes fois trompé la mort dans sa tenue de feu, Romu doit raccrocher sa lance. Victime de l’accident de trop, en route pour secourir une personne malade, son bassin démissionne. A trente ans à peine, Romu devient un vétéran, peut-être à la joie secrète d’une jeune épouse qui n’aura plus à s’inquiéter seule la nuit quand l’époux monte au feu de cheminée. Faut-il y voir un cadeau implacable du destin ? Ils ne sont pas nombreux qui, à son âge, peuvent estimer avoir mériter de vivre une bonne vie. Romu est de leur rang.

 

 

 

Quand j’ai reçu son appel, je me suis ressouvenu de ce que je lui dois, parce qu’il m’a soutenu, parce qu’il m’a donné de l’amitié, parce qu’il ma fait rire et m’amuser, et que ce n’était pas évident à l’époque. C’est pour des amis comme lui que je veux réussir ma vie aujourd’hui, pour ce qu’ils ont cru en moi, me l’on montré, et ont pris le risque gratuit de me soutenir face à l’adversité.

 

 

 

Puisses-tu vivre heureux, car du fond du cœur, tu le mérite.

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J
dur dur...bon courage à lui...
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T
Rares sont les gens d'aussi grand qualité, qui nous servent à la fois d'ami, de sauveur, d'exemple, de leader... de héros ?<br /> La chance de les cotoyer nous donne parfois l'envie de les imiter, ou pour le moins d'essayer, de tâtonner, de nous améliorer. Réussir notre vie et devenir heureux est le plus beau cadeau qu'on puisse leur faire, car après tout, c'est aussi réussir une partie de leur oeuvre.
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