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Le blog de Spacky (surnom n'ayant aucun rapport avec une analogie réelle ou supposée entre le gras de jambon fumé alsacien et le profil brassicole assumé de mes abdos souples et tendres) sert à mes amis pour avoir des nouvelles, à mes ennemis pour connaitre mes derniers méfaits, et aux innombrables touristes pour avoir un point de vue sur la politique, la politique étudiante, les goûts, les humours, et toutes sortes de fariboles. Aspect positif : pour vous, c'est gratuit.


 

Le blog étant ressuscité, il est en cours de reconstruction, et verra d'importantes modifications. A suivre...

Technorati Profile
Vendredi 26 mars 5 26 /03 /Mars 08:08

Je vous avais parlé ici de la façon dont on peut lire des "faits" en général à partir d'un exemple sur des études très discutables menées sur la criminalité ethnique.
Un sophiste célèbre a déclenché un débat sur la possibilité de dire que les prétoires sont fréquentés par une clientèle à dominante ethnique caractéristique.
Beaucoup de gens ont d'ailleurs réagit sur l'aspect prétendument xénophobe du constat de fait : alors que le fait, lui, existe ou n'existe pas, c'est bien son interprétation qui pose problème. Or l'interprétation qu'en fait le trublion télévisuel ne m'intéresse pas, car j'ai plus intéressant à lire. Il est troublant néanmoins que certaines personnes semblent préférer une restriction à la liberté d'expression que de s'en servir à leur tour pour rétablir un discours raisonnable. Ce penchant est vicieux.

Phillipe Bilger tente donc le soutien du "fait" et de la liberté d'expression, mais semble s'enferrer dans l'interprétation nauséeuse dudit fait. Maître Eolas consomme alors l'inversion des rôles, en requérant contre l'avocat général, avec certes une élégance méritoire. C'est, je crois, Sub Lege Veritas qui a le mot de la fin : "Ce que traite la justice pénale n’est pas un miroir de la société, c’est une effraction du regard collectif sur... ses marges."

En effet, le monde n'est que faits. De ces faits cependant, rare est la matière digne d'inférer à la règle. La science a dans son histoire montré le parcours exigent et aride que nécessite la mise en évidence de liens de causalité.


Quant au sophiste, comme à la grande époque de la profession, il compte en bénéfices numéraires sont envolée lyrique sur le teint hâlé du box des comparutions immédiates, brillante analyse dont la profondeur et la richesse m'interdisent, par pure jalousie, de vous donner un lien vers une œuvre pourtant fascisante fascinante.

L'Avocat Général, lui, qui fait preuve de longue date d'une compétence tant professionnelle que littéraire, devra s'expliquer devant son supérieur hiérarchique, pour avoir tenté d'orienter le débat vers la question de fond, qui serait " Que doit-on penser de la surreprésentation de certaines populations dans le box ?".

La liberté d'expression a donc de beau jours devant elle, puisque elle se résume à laisser aux vociférant le loisir de vociférer et à interdire aux raisonnants de nous inciter à raisonner. C'est un peu comme si un officier de Gendarmerie chercheur au CNRS à ses heures perdues n'aurait plus le droit de commenter son travail de chercheur au CNRS. Peut-être que la censure de demain devra susciter notre vigilance non sur les sujets traités mais sur les personnes qu'on autorise encore à parler en public.

Par Spacky - Publié dans : Spackos politikos, vivons au monde.
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Mardi 9 mars 2 09 /03 /Mars 11:17

« L'empathie, plus que la sympathie, qui repose sur une similitude harmonieuse de sentiments, est un phénomène permettant de "se mettre à la place" de l'autre. »


Après vingt-cinq années d’un mariage déséquilibré et infertile, le mari soumis qui lui apporte son petit-déjeuner au lit comme tous les jours, soudain décapite son épouse.


Crime.

Que nous montrent certains commentaires laissés par des internautes au bas des billets relatant le début de l’audience d’Assises devant juger l’homicide ? Le procès débute en effet le 8 mars, Journée Mondiale de la Femme, et la harangue contre le mâle prédateur tortionnaire et méprisant s’abat avec une facilité prévisible et éculée.

Personne, dans cette affaire, n’a mieux compris la portée intolérable de son geste que le tueur. Il vivait dans une illusion. Chaque jour, il appelait « amour » un déséquilibre construit autour des angoisses de l’une et des frustrations de l’autre. Que l’épouse eut tué le mari délaissant et acariâtre, lui refusant tant l’enfantement que l’union physique elle-même, on eût évoqué le mal d’enfant, la soumission intolérable, le mépris de la victime envers son bourreau. Cependant, le topos de la lutte légitime et très inachevée de la des femmes contre l’oppression machiste déclenche un déluge de commentaires acerbes sur l’animalité du mari létal.

Un peu de recul, je vous y invite. Qui, aujourd’hui, en 2010, peut se vanter sans mentir d’une fidélité de 25 ans sans union physique, ni promesse d’enfant ? Certes, le mari aurait connu une, une seule, aventure très superficielle, mais pas de relation sexuelle. Ce couple de quinquagénaires était en fait, mentalement, impubère. Deux adolescents aux prises avec les enjeux des adultes. Comment croire que personne autour d’eux ne se doutait des difficultés qu’ils affrontaient ? Comment croire qu’aucun membre de leur famille n’ait remarqué leur infertilité,- au sens où ils étaient incapables d’avoir des enfants, faute d’être deux à le vouloir-, ou la dépendance du mari ?

Au lieu de se poser des questions sur la solidarité dont chacun a pu manquer, une partie de l’opinion, -cette détestable foule qui enlaidit l’humanité-, charge sabre au clair le tueur en l’assimilant au voyou en bande qui s’en prend courageusement à dix contre une à une jeune voisine pour se prouver entre « hommes » qu’ils ont une virilité ,-façon bien subtile d’assouvir un fantasme homosexuel par une rite se voulant homophobe. Or si le mari n’avait aucun courage, il n’avait, lui, le mépris que de lui-même, à l’inverse de ces violeurs et tortionnaires qui eux ont pour seule habitude le mépris d’autrui.

Par suite, et de façon prévisible, un deuxième groupe de commentateurs, bien moins nombreux, chargent en retour l’aigrie, morte au mariage, morte à l’enfantement, harcelante, méprisante. Quel cas font-ils, eux, de la profondeur à jamais oubliée de la souffrance de cette femme, dont la phobie sexuelle est tout sauf un comportement égoïste d’origine naturelle. Ce qui dans sa détresse lui a interdit ce que de nombreuses femmes et de nombreux hommes espèrent nous restera définitivement incompréhensible. Ce couple n’aurait jamais dû s’unir, car d’union il n’était point possible. Le drame s’est noué quand amis et famille ont célébré un mariage sans objet, une œuvre contre nature, contre la nature des époux.

Aujourd’hui, l’échec est la marque d’une  faute. On rejette sur celui qui subit l’échec la responsabilité d’icelui. La solidarité, le partage, la confiance, ne sont pas des devoirs, pas même des possibilités. Quand un couple se tue pendant 25 ans, ont débat, en juges intouchables, de la faute au sein de ce couple. Pourtant, s’il est une éthique, elle doit pouvoir être agissante. Que ne pourrions-nous nous interroger sur la façon dont on enseigne l’amour à nos enfants, dont on écoute l’ami à travers le masque du quotidien. Que ne soyons-nous moins prétentieux et péremptoires face aux détresses qui nous effraient, qui nous renvoient le masque de la mort. Peut-être que dans cette affaire, et peut-être que les débats d’Assises nous le révèleront, il n’y avait aucune prise à l’entourage pour faire apparaître une porte de sortie. La leçon reste la même, il est des détresses d’une incroyable profondeur et qui ne s’éteignent pas, jamais, sous le couvercle de l’oubli. La raison commande de rester modeste face à ce drame, d’essayer même d’y reconnaitre, ab absurdo, la leçon d’ouverture.

L’espoir n’est pas seulement permis, il est nécessaire. Asseyons-nous dans un café : la petite dizaine de clients est un nombre presque équivalent d’histoires personnelles difficiles et uniques, propres. Ce qui permet à ces personnes de tenir, c’est parfois l’illusion de la négation, comme pour ce couple mortel, mais ce peut-être aussi la capacité à s’entraider, à s’écouter, à se donner les uns aux autres l’assistance qui nous est indispensable.

Par Spacky - Publié dans : Spackos politikos, vivons au monde.
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Lundi 15 février 1 15 /02 /Fév 12:45
La suite des évennements suivant mon dernier licenciement n'est pas proche d'être publiée, elle s'écrit encore jour après jour. Cependant, les questionnements et les doutes, eux, peuvent être relatés. Ici la Lettre à mon Jury d'admission en BTS, que je publie ici puisqu'elle n'a aucun autre moyen d'atteindre un jour ses destinataires.



Lettre à mon jury d’admission


Cela fera neuf ans au mois de mai. Cet étudiant de vingt-deux ans naufragé dans sa troisième année de DEUG 2 de philosophie, vêtu d’un jean et d’une chemise à carreaux, vous lui aviez accordé une seconde chance.


Mon dossier avait tout du mauvais présage. Ambition professionnelle mal définie, inadaptation aux études supérieures, précarité et dispersion, déjà, vous faisaient penser que la place rare que vous m’offriez pouvait aussi bien servir à plus prometteur que moi, et vous me le dites.


Je croyais très fort à cette chance. Le jour de l’entretien, je me croyais aimé, ce jour était une très grande promesse pour moi. Cette place je l’ai d’abord nourrie trois ans. Le BTS je l’ai bien réussi. Malgré les difficultés ordinaires, communes à tous étudiants. Malgré mon effronterie, car je n’admettais pas que si j’étais capable de me plier à une discipline qui n’était pas la mienne, des professeurs ne sussent s’adresser à moi, qui connaissait déjà des responsabilités, autrement que par le dédain. Malgré les défis que je me suis surajouté, en menant campagne alors que mes camarades étaient dans leurs révisions.


Enfin, malgré une nuit blanche sur les routes de France, juste après le BTS, je réussissais haut-la-main le test d’entrée en maîtrise. Pourquoi cette nouvelle ambition ? Je pouvais déjà travailler, chasser les soucis qui s’accumulent à la vie d’étudiant. Ce genre de choix ne se prend que rarement dans le strict cadre de la question posée. Il y avait dans mon ambition sûrement un peu de ce mandat électif dont la durée était conditionnée par la poursuite des études. Il y avait sûrement aussi ce désir de revenir vers mes amis abandonnés trois ans auparavant, tout juste retrouvés alors, et qu’un départ dans le monde du travail m’aurait définitivement aliénés. Il y avait encore ce désir de reprendre un parcours personnel que j’avais quitté inachevé, plutôt que d’écrire un troisième titre de chapitre sans avoir complété le texte précédent. Il y avait surtout cette idée que je pouvais aller plus loin, et parce que je le pouvais, je le devais. Je n’ai jamais été fait pour briller par le physique, ni de la force, ni de la vitesse, ni de l’agilité, pas même, à mon regret, de la grâce. Or ce métier requiert de la coordination, de la spontanéité, de l’efficacité gestuelle. En m’inscrivant en maîtrise, je ne voulais pas devenir d’opérateur un super-opérateur. Je voulais mettre en valeur, -comme on dit en gestion de la chose humaine réifiée-, ce que je faisais mieux que la moyenne de mes camarades. Il était clair qu’en dépit de la passion que peut représenter pour moi un beau service, une cuisine intelligente ou un accueil sincère, ces activités étaient mieux réalisées par d’autres que par moi. Là où j’avais des choses à dire, c’était au sujet de ces moments de l’entreprise où il faut penser, conceptualiser une situation, envisager ses données, prendre du recul et se mettre en question. Ne plus appliquer une recette mais revoir la recette. En gros, « comment faire une soupe sans eau ? » Je prends toujours un réel plaisir à déployer mon esprit, qui n’a rien d’exceptionnel, sur ces choses.


Je crois qu’un sportif amateur, un coureur du dimanche qui s’applique sur son parcours sportif, et qui n’aurait aucun titre de compétition duquel se prévaloir ou s’enorgueillir, peut témoigner du plaisir profond qu’il a à déployer son corps sur une activité qui met à l’exercice l’élasticité de ses membres, la puissance de sa motricité, l’endurance de son système cardio-respiratoire, sans qu’il soit soupçonné d’une quelconque vantardise.


C’est un peu ce que je ressens lorsque je m’exerce sur un problème. Un jeu, un défi, un gros souci, un ami dans le besoin, un livre un peu épineux. Je n’aime pas être aidé, j’ai l’accoutumance de me sentir butter, chercher, essayer, dans l’espoir de jouir de ma victoire finale sur le mystère, quand le problème se dévoile système, quand la mécanique subtile de la chose obtuse me devient familière, que je la maitrise, que je la dépasse, que je la critique. Je suis le Nain qui veut son putain de niveau.


L’analogie sportive cesse ici, car si la société sait quantifier la performance physique, pour la valoriser, la commercialiser, les choses de l’esprit ne sont pas aussi standardisables. On vend des grilles de Sudoku, mais critiquer un discours présidentiel, c’est-à-dire non pas s’y opposer comme le ferait un Lefebvre pourvu que la soupe soit meilleure  à gauche, mais l’écouter, le comprendre, le respecter, le dénouer, le tester, le référencer, le développer, cela n’est pas commercialisable, cela s’oppose à la commercialisation des idées d’autrui, c’est déjà subversif.


On peut vivre de cela, la société rémunère même grassement bon nombre de travailleurs du cerveau, -si tant est que l’on puisse réfléchir à l’aide du seul cerveau, ce dont je doute. Il y a dans l’hôtellerie même du contrôle de gestion, de l’ingénierie, de la mercatique, de la conception, de l’imprévu, des latéralités à mettre en évidence, des stratégies dont le choix est toujours une prise de risque, car soumis au vraisemblable contre toute illusion du « vrai ».


Me voici donc en maîtrise. Cependant, mon engagement de BTS commence à se déliter. Mon indépendance reprend le dessus, l’arbitrage entre cours et activités politiques devient moins tranché, ma discipline s’engouffre dans la brèche du symbole brisé, mes moyens matériels se raréfient, les temps sont durs, le moral baisse. Mon choix me semble alors toujours le bon : ce sont les périodes de stages qui me réussissent le plus. Ces six mois où je suis le contraire de ce que mes enseignants subissent : stable, fiable, engagé. Le plus beau compliment que l’on m’ait fait : « vous êtes très très très fidèle, flexible et dévoué». De retour chez moi, les dettes s’accumulent, les choix impossibles se bousculent, les frustrations, on me dénigre, on me vole, on me chasse, on me plagie. Alors même, si mes enseignants avaient de moi l’image du démissionnaire, je n’attendais qu’une chose : m’évader dans la profession que je me construisais. Je rêvais de faire de l’hôtellerie dans un service de gestion, ou dans un service de relation clientèle, ou en ressources humaines, ou d’autres choses encore. Je tenais pourtant à ne pas devenir un col blanc théoricien de la main. Il me fallait, pour vivre honnêtement, une expérience réussie, une seule, même de six mois seulement, dans les « fonctions opérationnelles », c’est-à-dire sur ce terrain qui n’était pas le mien, où j’avais tout à risquer.

 

Aujourd’hui je suis les bras ballants, à compter les offres d’emplois pour lesquelles le BTS me suffit, ma maîtrise accrochée au mur est le trophée démonétisé d’une promesse périmée. Autant ai-je commis de nombreuses erreurs durant ces années, autant je n’arrive pas à déterminer quelle faute ou série de fautes me vaut d’être privé de la faculté de travailler. A chaque étape décisionnelle, je pouvais arrêter les études et travailler de suite. Etant cependant allé au bout du cursus, je suis devenu moins employable qu’à l’époque de la fac de philo. La question reste sans réponse : « quelle est ma place ? »


Je ne souhaite pas vous embêter avec un problème dont vous n’êtes pas responsables, et auquel vous n’avez aucun moyen de répondre. Je voulais simplement, avec mes remerciements renouvelés pour m’avoir accordé une chance de redresser un parcours qui autrement se serait poursuivi dans la déliquescence. J’aurais aimé, j’aimerais toujours, pouvoir transformer votre essai, rendre à votre souci d’une ressource rare la récompense d’une réussite dont je vous serais débiteur. J’y crois toujours, même s’il m’est très difficile aujourd’hui de le formuler comme une promesse sans me sentir malhonnête.

Sincèrement,

Spacky.

 

Par Spacky - Publié dans : Chômage.
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Lundi 30 novembre 1 30 /11 /Nov 16:16

     En naviguant de blogs en blogs, je tombe sur un article parlant du voile. Un commentateur insère à l’appui de son opinion homologuée chez Marine et Jean-Marie, ces deux documents.

 


     Ce sera pour moi un bon exercice de lecture critique.

     Le camembert est cité pour renforcer l’idée que les auteurs de viols en réunion sont avant tout Maghrébins, et pour les trois quarts d’entre eux  Africains. J’ai retrouvé un résumé de l’article du docteur Patrick HUERRE qui me permet de restituer ces chiffres sereinement.

     L’histogramme est sensé nous montrer, lui, qu’aux victimes majoritairement d’origine France de faits graves, s’opposent des auteurs majoritairement issus de l'Algérie, et d'Afrique du Nord.

 

     Mon propos dans cet article ne sera pas de prouver le contraire, mais d’illustrer avec quelle prudence il convient d’aborder ce genre de chiffres dont la signification est faible et la pertinence douteuse. Au contraire, il est largement possible, sans même avoir accès aux sources, d’en formuler une critique préliminaire assez infirmante.

      Qu’est-ce qu’un chiffre ? C’est un relevé de quantités dans un contexte donné. On cherche à formuler des hypothèses à vérifier sur les causes d’un fait donné, en tentant de rapprocher des tendances. L’hypothèse n’est jamais démontrée par la statistique, aussi pointue soit-elle, cette dernière ne permet que d’inférer des hypothèses plus ou moins probables, et plus ou moins précises.

 

     Commençons par l’histogramme.

     Son titre désigne les faits jugés par la Justice.

     Son sous-titre désigne des « faits graves ».

     L’absence de définition de « faits graves » doit déjà susciter la méfiance du lecteur. Quand la Justice condamne, les faits jugés ont été qualifiés en application du Code Pénal, et sont classés par ordre décroissant de gravité en crimes, délits et contraventions. D’autres catégories par nature peuvent être effectuées, par exemple emploi de la violence (ou non), en réunion (ou non), infraction sexuelle, atteinte aux biens, infractions routières, escroqueries, etc.… L’énoncé « faits graves » ne renseigne ni sur la nature des faits inclus dans la statistique, ni sur la gravité juridique des faits étudiés. Ce qui pose d’autant plus problème que l’histogramme est juxtaposé au camembert qui lui parle explicitement de « viols en réunion », un crime sexuel aggravé par la circonstance « en réunion ».

     La définition de « l’origine étrangère », qui a le mérite d’exister, car il appartient à celui qui communique des chiffres d’expliciter la nature de ce à quoi ils correspondent, comme il a été expliqué au paragraphe précédent, est « définie par la naissance d’un ou des deux parents à l’étranger. Plusieurs remarques surgissent.

     Premièrement, là encore, alors que les faits étudiés sont sensés être d’origine judiciaire, la définition des données n’est pas juridique. Ayant un ou deux parents nés à l’étranger, on peut être français, suivant l’application du Code Civil à chaque cas d’espèce. Ayant ses deux parents nés en France, on peut ne pas être Français, notamment si on fait le choix d’une autre nationalité à laquelle on avait le droit, du fait par exemple de la filiation, ou d’une naturalisation.

     Ensuite, il ne vous aura pas échappé non plus que, selon cette définition, ceux nés d’un parent né en France et d’un autre né à l’étranger (lui-même français ou non), sont automatiquement rangés dans la catégorie «origine étrangère », ce qui gonfle mécaniquement l’effectif de cette catégorie. Ce choix, car s’en est un, on eût pu appliquer les catégories légales, la nationalité du condamnée étant nécessairement établie par la procédure, est à interroger, et doit rester présent à l’esprit si on prétend interpréter les chiffres.

     Le camembert.

     Sur le camembert, on se contentera de signaler l’absence de millésime. Sur quelle période a été réalisée l’étude, à quelle date ? L’absence de cette information tend à la présenter comme une vérité durable, alors que tout au plus, il ne peut s’agir que d’une photographie, plus ou moins honnête, d’un fait, à une époque donnée, et selon un certain point de vue. Les origines mentionnées ne sont guère mieux définies que précédemment, ni surtout la source d’information, car comment connait-on le chiffre des viols si ce n’est par voie judiciaire, forcément amputée de la part laissée au silence, ou par voie d’extrapolation, donc par approximation ?

 

     Honnêteté intellectuelle.

     Evidemment, je ne cache pas ma profonde suspicion à  l’encontre de la personne qui a publié ces dessins. Son interprétation est celle d’un lien de causalité entre l’origine géographique des géniteurs, et la tendance criminelle, ce que cette personne appelle d’ailleurs le « racisme anti-blancs ». Je vais donc procéder à une critique de l’interprétation.

     Une autre critique possible des chiffres tient au moment du processus analysé auquel est pris l’échantillon. Explication. Le sujet d’intérêt, ici, c’est de savoir s’il existe une influence de l’origine ethnique sur le comportement criminel.

     Nous savons déjà que le commentateur anonyme que je critique ici ne prend pas soin de distinguer l’origine ethnique comme cause première de criminalité, de l’effet que joue l’origine ethnique sur les capacités qu’a chacun de réussir dans une société plus ou moins ouverte à la diversité ethnique. Du reste, une explication aux origines d’un comportement criminel ne doit jamais passer pour des excuses ou une source de dérogation au droit commun. Mais la réponse à apporter à l’influence de l’origine ethnique sur la criminalité n’est pas la même si on pense que cette origine provoque la criminalité ou si à l’inverse, la réaction de la société à cette origine conduit à un rejet de cette société, rejet matérialisé par la criminalité. Cela, les chiffres ne le disent pas.

     Or donc, ces chiffres sont prélevés à l’étape de la procédure judiciaire. Ils concernent donc des prévenus (pour les expertises judiciaires) ou des condamnés. Avant d’être prévenu ou condamné, et après avoir commis des faits, il faut que ces faits parviennent à la connaissance des autorités. Un premier filtre est ici tout ce qui empêche les faits de parvenir à la connaissance des autorités. Dissimulations par les auteurs ou leurs complices, absence de plainte.

     En matière de violence sexuelle, il est au moins rare que la victime se signale auprès des autorités, surtout si elle est jeune, surtout si elle vit dans le même quartier que les agresseurs qu’elle connait, surtout enfin si son contexte social et culturel tend à culpabiliser la victime du viol.

     Ensuite, les autorités doivent rechercher les auteurs, et peuvent ne pas y parvenir.

     Chacune de ces étapes peut être l’occasion d’une déformation entre la population des auteurs réels, et la population des personnes jugées. Ces déformations ont pour une bonne part peu d’effet sur la représentation ethnique, d’autre peuvent y influer. Loin d’affirmer que l’institution puisse être raciste, il serait contraire au formalisme d’affirmer bêtement, sans le vérifier rigoureusement, qu’aucun déterminisme n’intervient dans la recherche des auteurs ou le dépôt d’une plainte.

     Le même sentiment de rejet de la société qui peut faciliter la commission d’un crime, peut dissuader de porter plainte. Par ailleurs, s’il se trouve des internautes pour ne pas douter de la motivation ethnique de certaines infractions, il peut s’en trouver au sein des autorités. Enfin, il peut être plus facile à une personne intégrée de dissimuler ses actes, de faire pression sur la victime, de ne pas être contrôlé fortuitement, etc.…

 

 

     Les motivations de la criminalité.

     Le docteur Patrick HUERRE, dont les chiffres ont servi à la confection de ce camembert, n’a pas réalisé une étude exhaustive des faits jugés en France. Son article, d’où sont tirés ces chiffres, porte sur une synthèse de cinquante deux expertises judiciaires réalisées sur une période de quinze ans. De plus, l’étude ne porte pas sur les seuls viols, mais sur les viols, agressions et attouchements sexuels. Une palette plus large, allant du crime au délit, et disqualifiant l’intitulé du camembert. La faiblesse de ce nombre ne permet pas d’inférer de valeur statistique, et c’est l’auteur de l’étude qui le dit : « Si elles ne permettent bien sûr pas d’établir un profil du délinquant sexuel agissant en groupe, leur lecture donne une série d’informations définissant un groupe de sujets assez homogène sur bien des points. ». Et quelle est la définition « assez homogène » ?

      Réponse :



« Si notre échantillon est trop petit pour l’affirmer avec certitude, on peut tout de même avancer l’idée que ce type d’infraction est l’apanage de sujets jeunes, […] sont conscients de leur difficulté et de leur échec scolaire bien que présentant une bonne projection dans l’avenir […], adolescents sont issus pour la quasi totalité de familles modestes, résidant dans des banlieues, bien entendu en zone urbaine […], la profession exercée par les parents est toujours peu qualifiée et peu gratifiante […]. »


      Les chiffres ethniques du camembert sont bien-sûr dans l’article, mais sont à mettre en perspective avec ces « quasi totalités » qui sont par là même bien plus parlantes. Enfin, si les auteurs d’infraction sexuelle en réunion sont « quasi » tous issus de quartiers modestes en banlieue urbaine, il est simplement naturel, insignifiant, que leur profil ethnique soit celui des habitants de ces quartiers, le profil ethniques des personnes qu’on a logé là il y a des dizaines d’années, quand la France a fait appel à eux.

 

     La critique sera la même pour la lecture de l’histogramme, dont la clef est donnée par l’article du Monde :

« Deux sociologues ont étudié l'environnement des jeunes jugés pour des faits graves à Grenoble. Ils cumulent les handicaps : pauvreté, alcoolisme d'un parent, échec scolaire, immigration récente. PAUVRETÉ, échec scolaire, violence familiale, immigration récente : les mineurs délinquants ont un profil de « damnés de la Terre ».Telle est la conclusion à laquelle sont parvenus Sebastian ROCHE et Monique DAGNAUD. Ces deux sociologues du CNRS ont réalisé une étude originale sur les dossiers des mineurs jugés par le tribunal de Grenoble (Isère) entre 1985 et 2000. »

 

 

     Conclusion

     Déformer légèrement la qualification des faits étudiés, puis les définitions employées, puis la portée de l’étude, et enfin mépriser carrément l’analyse du scientifique à l’origine des données chiffrées, ensemble me parait caractériser la fourberie intellectuelle. Infraction au Code de l’Honneur contre laquelle il n’existe aucune justice répressive, mais dont on peut se prémunir par un exercice simple de l’esprit critique.

     Le remède contre la violence, qui est une source d’injustice, n’est pas une injustice plus grande. Il faut identifier les racines du mal, parmi lesquelles, indubitablement, la pauvreté et la privation de perspectives sociales satisfaisantes,-on vit dans certains endroits de la République dans la croyance forte que jamais la République ne permettra de s’émanciper de conditions matérielles faméliques. Tout discours moralisant, adressé par des privilégiés à des moins privilégiés, est considéré tantôt comme une ineptie, tantôt comme une insulte.

Par Spacky - Publié dans : Spackos politikos, vivons au monde.
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Dimanche 29 novembre 7 29 /11 /Nov 12:14

[Dans cette nouvelle catégorie, une série d'article sur le chômage, mon chômage. Une expérience difficile, où on ne sait pas grand chose sur ce qui se passe, et dont le vécu est à des années lumières des facultés de théorisation de nos gouvernants. Ci-dessous, le premier épisode, qui en fait retrace le cheminement qui m'a conduit au chômage. Je ne suis pas né chômeur, il y a une évolution. J'espère vraiment pouvoir vous écrire la fin de cette chronique sans en retarder indéfiniment les épisodes, mais comme on dit à Hollywood : en cours d'écriture.]



     1 juin 2007.

     Hier, je posais le stylo sur la dernière copie du dernier examen du dernier diplôme de ma fort longue carrière d’étudiant. J’achevais enfin sereinement une aventure un peu mouvementée, entre des débuts où je n’avais ni discipline ni travail, abandonnant les études de philosophie sans jamais m’être donné une véritable chance ; puis me ressaisissant alors qu’on m’accorde, contre les critères en vigueur, une seconde chance à l’école hôtelière. Un BTS sans faute et bien classé, malgré un premier stage difficile dans une entreprise qui ne mérite même pas qu’on la cite. Malgré les désillusions d’un « esprit famille » qui se révéla en fait être un « esprit touche pas à ma tranquillité », j’entrais avec joie en « Maitrise ». Là, les difficultés personnelles, matérielles et liées à mon caractère  ont bien failli avoir raison de mes ambitions, mais finalement, ce 31 mai 2007, je tournais la dernière page du chapitre étudiant sur une victoire. Je savais que le lendemain même commençais ma vraie carrière, celle pour laquelle on sacrifie durant ses études, la vie professionnelle. J’embauchais, pour mon premier CDI, avant même que les copies ne soient corrigées, comme adjoint de direction, agent de maitrise, dans un hôtel-restaurant.

     Le 1 juin 2007, un jour en avance sur mon anniversaire, je m’offrait la victoire sur le jugement d’échec de l’année 2000. Tout allait bien.

      Mais.

     Au fur et à mesure de cette année passée à Hautepierre, des difficultés se sont faites jour. Surtout une difficulté. Comment travailler avec quelqu’un qui ne pense qu’à saboter l’entreprise. Comment satisfaire à ses responsabilités d’adjoint quand face à l’antijeu, l’agression permanente d’une seule personne, on a pour devoir de rester pur et innocent, irréprochable. Où puiser ces ressources émotionnelles, ces contre-mesures émotionnelles, quant personne ne vous apprend à le faire ? À cette époque, il m’arrivait de recevoir des propositions d’emploi. Je me sentais désiré, sûr de mes capacités. Aussi, le jour où j’ai eu peur de craquer, peur de frapper mon agresseur, peur de perdre mes clients pour ne pas pouvoir les satisfaire avec une équipe amputée, ce jour là j’ai décidé de plaquer mon boulot pour un autre. Comme on plaque sa copine juste parce qu’elle n’est pas assez parfaite, certain d’en retrouver une mieux le soir même. Au départ, je n’ai pas été déçu, j’ai même eu du mal à choisir entre les postes qui s’offraient à moi. Finalement, le 27 aout 2008, au lendemain de ma démission, j’étais dans le train pour Paris, mon nouveau poste m’attendait. Mieux payé, un échelon au-dessus du précédent, je devenais sous-directeur, je croyais encore en ma victoire.

 

     28 aout 2008.

     Paris, ou plutôt région parisienne, à dix minutes en taxi de la tête de ligne RER.

     Nulle part, en fait, quand on n’a pas de voiture. Citadin chevronné, je me retrouvais coincé. Mon boulot me plaisait beaucoup, je plaisait moins à mon nouveau patron. En arrivant à l’hôtel où je logeais dorénavant,- j’avais donc donné mon congé à mon bailleur-, j’appris que le Directeur avait recruté un autre adjoint, et celui-ci ne me cacha pas que s’il l’avait connu avant moi, il eût été sous-directeur à ma place. L’homme, un ancien directeur, expérimenté, doté d’une allure sûre, et exhalant de ses 1m85 une autorité naturelle, méritait, c’est vrai, ce poste mieux que moi.

     Cependant, j’ai méconnu la compétition qui s’était instaurée. Juste après le mi-septembre, le Directeur avait pris sa décision, dont il m’informa le 28 : le 01 octobre, je serais dans le train, fin du rêve.

     Choqué, déçu, je m’en voulais suffisamment à moi-même pour renoncer à faire valoir les quelques jours de prévenance auxquels j’avais droit. De fait, littéralement expulsé, sans une salutation, je me retrouvais, le 01 octobre, chômeur et SDF. L’amitié et la famille ont fait que je n’ai pas eu à dormir dehors, mais quatre mois et demi de rotation sur les canapés des uns et des autres m’auront coûté quelques amitiés. Au pain et au toit, je devais bientôt ajouter ce qui fait le sel de la vie. Je me demandais alors tous les jours, et parfois encore aujourd’hui, quelle erreur, quelle faute, avait pu me coûter autant ? Quelle justice gouverne à ce résultat, alors que j’ai vu des gens manifestement méchants et incompétents, faire survivre leur emploi par une pratique pointue des règles, et quand celui qui prétend m’offrir sa confiance commence déjà à me remplacer ? Je n’imaginais pas encore ce que je vis aujourd’hui.

     N’ayant pas pris de vacance depuis juin 2007, et apprenant qu’ayant démissionné de mon précédent poste, je n’avais droit à aucune aide, je m’accordais la conscience légère un bon mois de repos. J’en avais besoin pour passer l’émotion du moment, pour profiter un peu de la compagnie de ceux que je ne voyais jamais, pour prendre le temps aussi de m’apprécier un peu.

     Professionnellement, il me restait quelque assurance, je me répétais à m’en convaincre qu’une fois n’étant pas coutume, je ne devais pas douter de mes capacités. Et de fait, dès novembre, à peine décidé à me remettre à l’ouvrage, je trouvais le jour même des missions d’intérim, et surtout, en quelques jours, je trouvais un poste de réceptionniste à Strasbourg. Très correctement payé, sans grande difficulté, dans une ambiance franchement meilleure que dans mes précédentes expériences, j’avais tout pour être heureux. Trouver un logement était cependant plus difficile. J’avais puisé dans mes économies et ne pouvait plus me permettre, dans l’immédiat, ni de payer une agence, ni de devoir verser un dépôt de garantie trop élevé. Quand une offre correspondait, il m’arrivait de tomber sur un propriétaire qui publiait l’annonce le jour de son départ en vacances. Le bailleur insouciant ne vit décidément pas dans le même monde que le travailleur qui squatte un canapé sans disposer des clefs pour rentrer chez pas-lui.

     Dans mon ambition, subsistait l’idée qu’avec une Maîtrise d’école de gestion, et une expérience d’un an que j’estime réussie, je me devais de ne pas me contenter d’un poste de réceptionniste dans une entreprise qui étant très familiale, ne pouvait rien me faire espérer en interne. Y avait-il urgence à partir, à peine embauché ? Non. Cependant, quand un poste d’adjoint de direction avec logement s’est offert au réceptionniste squatteur, ma décision fut prévisible.



     9 février 2009.

     Je pars pour Sochaux.

     Bien accueilli, une affaire qui attaque la crise avec talent et détermination, des conditions avantageuses (pas de coupure, un logement de qualité, -un vrai studio équipé, comparé à la chambre d’hôtel premier prix qu’on m’avait accordé à Paris, et que je devais intégralement libérer les soirs où je n’y étais pas), j’étais comme le Pape.

     Comme à chaque fois, j’y croyais fort. Trop peut-être. Convaincu d’y être pour longtemps, j’ai vécu sans aucune prévoyance, ce qui me posera problème rapidement. J’avais cherché à ne pas me retrouver dans les reproches qu’on avait pu me faire. Pour ne pas me mettre l’équipe à dos, je me suis mêlé comme je croyais pouvoir le faire à eux. J’étais à côté de la plaque. Rapidement, je commettais des erreurs. Des erreurs matérielles, des erreurs de jugement, des oublis, des fautes. J’en commettais plus en un mois à Sochaux qu’en un an à Strasbourg. Aujourd’hui encore je me demande ce qui ne fonctionnait pas chez moi. Ce fut une descente cauchemardesque. Plus j’essayais de travailler proprement, plus je me plantais. Nul, nul et re-nul. Quand le Directeur prit sa décision, je n’avais, en conscience, aucun argument pour me défendre. J’en avais vraiment envie, mais comme en amour, l’envie sans talent est plus anxiogène qu’autre chose.

     Et le 10 mai 2009, commençait pour moi vraiment le chômage, mais ça, c’est pour le prochain épisode.

Par Spacky - Publié dans : Chômage.
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